Je n’ai pas le bagage intellectuel qu’il veut… pourtant j’ai financé sa réussite
Quand je l’ai rencontré, ça faisait déjà 4 ans qu’il avait eu le baccalauréat. Il tournait à la maison, sans véritable direction.
PEOPLEHISTOIRES ANONYMES
4/17/20262 min read


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Quand je l’ai rencontré, ça faisait déjà 4 ans qu’il avait eu le baccalauréat. Il tournait à la maison, sans véritable direction. Pendant ce temps, moi, je me battais dans les champs de manioc pour nourrir mon enfant, qui a aujourd’hui 8 ans.
C’est avec cette même sueur que j’ai décidé de miser sur lui. J’ai pris toutes mes économies, tout ce que j’avais mis de côté pour moi et mon enfant, et j’ai tout investi dans son avenir. Le concours de l’ENSET à Douala, c’est moi qui ai géré ça du début à la fin. Il m’avait promis, les yeux dans les yeux, que lorsqu’il serait stable, il s’occuperait de nous, qu’il assurerait l’avenir de mon enfant et qu’il me rembourserait avec son rappel.
J’ai cru en ses paroles. J’ai tout donné, sans réserve. Même sa chambre à Douala, pendant 5 ans, c’est moi qui la payais, pendant que je me cassais le dos au champ pour subvenir à ses besoins et aux miens.
Lui, de son côté, avait ses copines. J’ai pardonné. Je souffrais en silence, mais je me disais que demain serait meilleur, que tous ces sacrifices finiraient par porter leurs fruits.
Les années ont passé. Il a réussi. Il est devenu professeur d’enseignement technique. Et moi, je suis restée la même femme, avec mes mains abîmées, mes sacrifices et mes espoirs accrochés à ses promesses.
Mais il a changé. Le respect a disparu petit à petit, jusqu’au jour où il m’a regardée comme si je ne valais plus rien. Il m’a dit que je n’avais pas le bagage intellectuel qu’il lui fallait, que lui était désormais à un autre niveau.
Quand je lui ai rappelé tout ce que j’ai fait pour lui — l’argent du concours, sa promesse de remboursement — il m’a répondu froidement que tout ce qu’il a aujourd’hui, c’est grâce à son intelligence, pas grâce à moi, et qu’il ne me doit rien.
Rien. Ce mot m’a déchirée. Rien, après tout ce que j’ai sacrifié. Rien, après tout ce que j’ai donné. Rien, pendant que mon enfant et moi nous privions pour qu’il devienne quelqu’un.
Ce jour-là, j’ai compris une chose : la pire pauvreté, ce n’est pas de manquer d’argent, c’est de manquer de reconnaissance.


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