MA MÈRE A MANGÉ MA FERTILITÉ DANS LA SORCELLERIE

Mais à notre arrivée, le guérisseur a refusé que ma mère entre dans sa maison. Il a dit qu’il ne voulait pas de mauvais esprit chez lui et que pour tout le mal qu’elle avait fait, elle ne méritait pas mieux.

HISTOIRES ANONYMES

vivie

3/6/20262 min read

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J’ai aujourd’hui 57 ans et j’ai été marié trois fois sans jamais avoir d’enfant. À chaque fois, mes femmes sont parties parce que tout le monde disait que j’étais stérile. Pourtant, j’ai fait tous les examens possibles : analyses, scanners, bilans complets… Nous avons fait presque tous les hôpitaux de Douala et les résultats étaient toujours les mêmes, tout était normal.

Pendant ce temps, ma mère était très malade et son état inquiétait les médecins. Le dernier médecin que nous avons consulté a reconnu que la maladie de ma mère dépassait ce qu’il pouvait traiter et nous a conseillé d’aller voir un guérisseur. J’y suis donc allé avec ma mère et mon oncle.

Mais à notre arrivée, le guérisseur a refusé que ma mère entre dans sa maison. Il a dit qu’il ne voulait pas de mauvais esprit chez lui et que pour tout le mal qu’elle avait fait, elle ne méritait pas mieux. Nous n’avons rien compris mais, sous ses insistances, nous avons laissé ma mère dehors. Il nous a expliqué qu’elle ne faisait que payer le prix de ses actes et que pour être délivrée elle devait se confesser et défaire tout ce qu’elle avait fait avant de mourir, sinon les personnes à qui elle avait fait du mal resteraient liées à ces choses.

Pendant plus de six mois nous l’avons suppliée de parler, mais elle refusait toujours, disant que si elle se confessait elle mourrait et que ceux à qui elle avait fait du mal méritaient ce qui leur arrivait.

Pendant ce temps son état empirait : son corps pourrissait peu à peu, l’odeur devenait insupportable et la nuit elle criait sans arrêt “laissez-moi, vous ne m’aurez pas, je suis votre reine”, mais quand on entrait dans sa chambre pour lui poser des questions elle redevenait silencieuse.

Un jour je suis retourné seul voir le guérisseur qui m’a dit qu’il ne pouvait rien faire tant qu’elle ne se confesserait pas et que sinon elle mourrait comme ça en nous condamnant aussi. Quand il a dit “nous”, je lui ai demandé pourquoi moi aussi et il m’a répondu que ma vie était liée à ce qu’elle avait fait.

J’ai alors insisté encore plus auprès de ma mère jusqu’au soir où elle a fini par avouer la vérité : elle m’a dit qu’elle n’avait jamais voulu d’enfant et que c’est elle qui avait bloqué ma descendance, raison pour laquelle je n’aurais jamais d’enfants malgré mes mariages.

À ce moment-là, j’ai compris que les femmes que j’avais épousées avaient été injustement accusées de stérilité alors qu’elles n’y étaient pour rien.

Je suis retourné voir le guérisseur qui m’a confirmé que c’était elle seule qui pouvait défaire ce qu’elle avait fait, mais quand je suis revenu la supplier, elle a refusé et a dit qu’elle préférait pourrir et mourir plutôt que de retirer ce sort.

Cela fait maintenant un mois que j’ai quitté la maison et, comme on dit chez nous, la mauvaise graine a la peau dure : ma mère est toujours vivante et fidèle à elle-même, elle a décidé de ne rien réparer.